Quand deux des plus grands chefs français prennent publiquement position contre les avis anonymes, la profession entière écoute. En mai 2014, Jacques et Laurent Pourcel, jumeaux nés le 13 septembre 1964 à Agde, apportent leur soutien à la pétition « Non aux avis insultants » lancée par Pascal Favre d'Anne.
Un pedigree exceptionnel
Les frères Pourcel ont créé Le Jardin des Sens à Montpellier en 1988, avec Olivier Château. Le restaurant a détenu trois étoiles Michelin de 1998 à 2006 — une distinction rarissime. Ils ont ensuite fermé cet établissement en mars 2016 et ouvert un nouveau restaurant à l'Hôtel Richer de Belleval, toujours à Montpellier.
Leur voix porte un poids considérable dans le monde de la gastronomie française.
La prise de position
Lorsque Pascal Favre d'Anne lance sa pétition le 10 mai 2014, Jacques Pourcel est parmi les premiers signataires de renom. Son soutien est sans ambiguïté :
« Je trouve cela en effet scandaleux d'avoir ce type d'attaque sur internet. »
— Jacques Pourcel, L'Hôtellerie Restauration, mai 2014
Mais il défend aussi une position nuancée, refusant de jeter le bébé avec l'eau du bain :
« On ne peut pas interdire la liberté que représente Internet. Il faut trouver un juste milieu et mettre des limites. »
— Jacques Pourcel
Un mouvement national
La pétition finit par rassembler plus de 1 750 signatures de professionnels de toutes les régions de France — des étoilés Michelin aux propriétaires de brasseries. Elle est adressée au ministre de la Culture et au ministre du Commerce, et exige que les sites d'avis modèrent leurs contenus, mettent fin à l'anonymat et vérifient que les auteurs ont réellement visité l'établissement.
Aux côtés de Pourcel, d'autres chefs reconnus signent, dont Lionel Lévy (L'InterContinental Marseille Hôtel Dieu) et Olivier Samson (Vannes).
Ce que cette affaire révèle
L'engagement des frères Pourcel montre que le problème des avis insultants ne concerne pas uniquement les petits restaurants fragiles. Même les cuisiniers les plus décorés de France se sentent menacés par un système où n'importe qui peut frapper anonymement, sans aucune obligation de vérité.