Gauthier Venter est belge, né en Belgique, élevé dans l'indépendance — à 12 ans, il s'inscrit lui-même dans une école en immersion à Namur, contre l'avis de ses parents. Il rencontre Marine Abeil à Lyon. Ensemble, ils rachètent l'ancien restaurant « Chez Jules » à Orléans, le rénovent presque entièrement de leurs propres mains, et ouvrent le Maga en novembre 2019.
Un restaurant à taille humaine
Le Maga, situé au 136 rue de Bourgogne à Orléans, c'est 20 couverts, ouvert uniquement au déjeuner du lundi au vendredi, tenu en duo — juste Marine et Gauthier, sans autre personnel. La cuisine utilise 90 % de produits français, frais, de saison, en privilégiant les petits producteurs et la pêche durable.
Le travail est reconnu : 2 toques au Gault & Millau, le prix de l'Accueil 2024 pour la région Centre-Val de Loire, et une sélection dans les « 109 — Sang neuf de la gastronomie française » du Gault & Millau 2023.
Le cri du cœur
Le 1er avril 2025, France 3 Centre-Val de Loire publie un article dans lequel Gauthier Venter livre un témoignage sans détour :
« C'est insupportable de se faire juger par des personnes qui ne sont pas du métier. »
— Gauthier Venter, France 3 Centre-Val de Loire, avril 2025
Il raconte que lorsqu'on investit tout, qu'on travaille des semaines entières et qu'on met son âme dans chaque assiette, être jugé sur la décoration du restaurant par un anonyme est dévastateur.
« J'ai des amis chefs qui ont été démolis, détruits dès l'ouverture par des commentaires. »
— Gauthier Venter
L'impossibilité de refuser
Venter soulève un point juridique fondamental : les restaurateurs n'ont aucun moyen de refuser d'être référencés par les plateformes d'avis.
« On avait fait un grand débat quand on a ouvert. On voulait avoir le droit de ne pas être référencés par nos clients. Mais les restaurateurs n'ont aucun moyen de refuser les commentaires. »
— Gauthier Venter
Il note également qu'il n'existe aucune preuve que la personne qui laisse un avis a réellement mangé au restaurant. Et pourtant, cette évaluation non vérifiée peut déterminer la survie économique de l'établissement.
Ce que cette affaire révèle
Le témoignage de Gauthier Venter pose une question de fond : un système où des non-professionnels jugent anonymement, sans vérification de passage, des artisans qui ont investi leur vie dans leur métier — est-ce un système juste ? Le fait qu'un restaurateur ne puisse même pas choisir de ne pas être noté montre l'ampleur du déséquilibre de pouvoir entre les plateformes et les professionnels.